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Aucune accusation n’a encore été portée contre le tueur de Bourque en Haïti

mercredi 17 mai 2006 (Date de rédaction antérieure : 16 mai 2006).

PORT-AU-PRINCE (PC) - Les problèmes à régler sont innombrables en Haïti, mais l’un de ceux auquel devra rapidement s’attaquer le nouveau gouvernement Préval est le laxisme du système judiciaire, qui laisse actuellement courir en toute impunité des centaines de criminels.

Parmi eux, l’assassin du Québécois Mark Bourque, un retraité de la Gendarmerie royale du Canada tué en décembre dernier alors qu’il s’apprêtait à faire don d’une génératrice à un hôpital de Port-au-Prince.

Après des semaines d’enquête, la police nationale d’Haïti et la police des Nations unies ont finalement arrêté un suspect, il y a environ un mois. Aucune accusation n’a toutefois été portée à ce jour.

Le commandant de la police de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti, le Canadien Graham Muir, a indiqué à La Presse Canadienne que l’enquête n’était pas encore terminée dans ce dossier.

"Je vais recommander que nous menions l’enquête de façon à fournir suffisamment de preuves afin qu’il (le suspect) puisse être accusé et poursuivi en vertu des lois du pays", a-t-il déclaré.

Tous s’entendent pour dire que la situation sécuritaire s’est grandement améliorée en Haïti depuis la tenue des élections présidentielles qui ont reporté René Préval à la présidence, en février.

Kidnappings

Or, si la criminalité à motivation politique, notamment les meurtres, a nettement régressé, les kidnappings, eux, demeurent monnaie courante. Commis par des gangs, ils sont le plus souvent motivés par l’appât du gain.

Ces deux dernières années, Myria Charles, une employée de banque qui a chanté lundi pour la gouverneure générale, Michaëlle Jean, a vu son mari, son beau-père et des amis proches être enlevés contre rançons. Montant demandé pour chacune des libérations : 1 million de dollars américains.

Chaque fois, Mme Charles a réussi à réduire considérablement la somme réclamée, mais on parle tout de même de plusieurs milliers de dollars - qu’elle a dû emprunter. Sans oublier, bien sûr, le traumatisme que causent de tels drames.

"Le problème, c’est l’impunité qui règne dans ce pays", a-t-elle confié en entrevue.

Les proches des journalistes haïtiens Jean Dominique et Brignol Lindor, assassinés en 2000 et en 2001, en savent quelque chose. Aucun suspect n’a encore été arrêté dans ces affaires scrupuleuses.

Amnistie internationale et d’autres organisations internationales ont souvent reproché au gouvernement intérimaire du premier ministre Gérard Latortue de faire preuve de laxisme en matière de justice et de respect des droits de la personne.

Il faudra voir si le gouvernement Préval saura redresser la situation un tant soit peu.

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