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23 septembre 2004

Les inondations provoquées par la tempête tropicale Jeanne pourraient avoir fait plus de 1.700 morts en Haïti, dont 711 morts officiellement recensés et plus de 1.000 disparus, et le gouvernement craignait mercredi des risques d’épidémie.

Les autorités ont décidé d’enterrer les corps dans des fosses communes et plusieurs pays ont annoncé l’envoi en Haïti de vivres et matériels. Le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan a appelé « la communauté internationale à fournir rapidement à Haïti, l’un des pays les plus pauvres du monde, le soutien dont il a besoin pour faire face à ce désastre naturel ».

L’insécurité risque cependant d’entraver l’acheminement de l’aide : de nombreux policiers ont quitté leur postes, les familles désemparées sont tentées par les pillages et plusieurs centaines de prisonniers se sont échappés de la prison des Gonaïves (nord-ouest) pendant les inondations.

Plusieurs centaines de casques bleus argentins, membres de la mission de stabilisation des Nations unies en Haïti, basés à Gonaives, font eux mêmes partie des milliers de victimes, qui ont tout perdu dans l’inondation de ce week-end à Haïti.

Les morgues des Gonaïves sont bondées et les cadavres d’humains, comme d’animaux, se décomposent rapidement en raison de la chaleur. « A cause de l’état des corps, nous avons décidé d’enterrer les morts dans des fosses communes », a déclaré le ministre haïtien de l’Intérieur, Hérard Abraham.

Six cents morts ont été dénombrés dans cette ville de 200.000 habitants. Les 111 autres personnes décédées habitaient Port-de-Paix (nord) et d’autres localités de la région, selon la protection civile haïtienne. Plus d’un millier de personnes sont toujours portées disparues.

Haïti, qui souffre d’une grave déforestation favorisant les inondations, avait déjà été victime en mai de pluies torrentielles ayant fait 1.220 morts.

Plus de 250.000 personnes ont dû abandonner leurs foyers en raison des inondations et les sauveteurs n’ont toujours pas pu atteindre certaines zones.

« L’urgence, c’est de veiller à ce que la situation sanitaire ne nous donne l’occasion de tomber sur une épidémie qui serait terrible », a déclaré le Premier ministre Gérard Latortue sur la chaîne française TV5. « Il faut enterrer les cadavres : ce n’est pas dans la pratique haïtienne de mettre les cadavres dans les fosses communes (...) mais on n’a pas le choix ».

Il a déclaré le nord d’Haïti « zone sinistrée », décrété trois jours de deuil national et appelé la diaspora haïtienne, notamment les médecins, à se montrer solidaire en venant soigner les victimes en Haïti.

« Compte-tenu de la contamination des sources d’eau et de l’inondation des latrines, il existe un risque d’épidémies », a confirmé la Croix-Rouge, en soulignant la nécessité de sérums anti-tétaniques.

« Il y a un besoin urgent de nourriture, d’eau potable ainsi que de couvertures et de bâches en plastique », a indiqué la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, qui ambitionne d’aider quelque 40.000 habitants du nord du pays pendant six mois.

« Il y a beaucoup de villages que nous ne pouvons pas atteindre, et je crains de mauvaises surprises dans les jours et les semaines qui viennent », a dit à l’AFP Hans Havik, responsable local de la Fédération internationale.

Des centaines de personnes ont également été blessées, la plupart en tombant des toits où elles s’étaient réfugiées.

« On nous a rapporté qu’il y a des enfants abandonnés, soit parce que leurs parents sont morts soit parce qu’ils se sont égarés », a déclaré Françoise Gruloos, chef de la mission de l’Unicef en Haïti. Des ballons et des jouets seront distribués pour « leur apporter un semblant de gaieté », a-t-elle ajouté.

Des milliers de gens sont sans abri, et 170.000 personnes sans nourriture, ni eau ni électricité.

L’aide internationale devrait s’accélérer dans les jours à venir.

Le Canada a dépêché mercredi un avion militaire rempli de 14 tonnes de matériel, surtout des bâches et des couvertures, selon un communiqué de la Croix-Rouge canadienne.

L’Espagne envoie jeudi 20 tonnes de vivres et de médicaments, le Chili 20 tonnes d’aide humanitaire (couvertures, des médicaments, des aliments et des bâches), la Croix-Rouge française 40 tonnes. Deux appareils militaires français (transportant des tentes, du matériel de purification de l’eau et médicaments) ont été affrétés pour acheminer des secours.

Le Brésil a envoyé en Haïti 18 spécialistes et le Venezuela a annoncé le déblocage d’un million de dollars et l’envoi d’un avion chargé en nourriture et eau. L’Organisation panaméricaine de la Santé (OPS) a proposé son aide et l’Agence américaine de développement (USAID) a débloqué 50.000 dollars. Cuba a souligné que ses 600 médecins et techniciens présents en Haïti depuis cinq ans contribuaient à secourir les sinistrés.


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